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Test : Beholder : incarnez l'oeil de Big Brother
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L'avis de Tanil
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Contributeur sayh.net
04 juin 2017 à 15:30:01
17/20

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Amis dépressifs, bonjour. Vous voici plongés en plein coeur de la pire dystopie qui soit. Très largement inspiré par le célèbre 1984 de George Orwell, Beholder vous met aux commandes de Carl Stein, heureux propriétaire d'un immeuble à appartements. Heureux ? Cela dépendra de vous, de vos choix et de votre vision politique. Car la vie de vos locataires ainsi que celle de votre famille dépend entièrement de vous !

Big Brother is watching you



Beholder : incarnez l'oeil de Big Brother
Allez en prison sans passer par la case départ...

Vous prenez le bus, vous parcourez pour la millième fois votre lettre de nomination tandis que votre fillette de six ans joue tranquillement avec sa poupée. Il fait même presque beau. Tout aurait pu être parfait dans un autre contexte. Car à peine arrivé à votre immeuble, vous assistez à l'évacuation musclée et implacable de l'ancien propriétaire. Considéré par le Ministère de l'Ordre comme trop mou et inactif par rapport à ses devoirs envers le gouvernement, le voici expédié au fond d'on ne sait quel trou pour l'éternité. Le message est clair : obéissez et vous vivrez, opposez-vous et vous mourrez.

La guerre c'est la paix

Beholder : incarnez l'oeil de Big Brother
Rien ne vaut une caméra pour espionner ses voisins

Vous êtes propriétaire d'un immeuble de six appartements et votre mission officielle consiste à espionner vos locataires afin de débusquer les opposants au régime et les rebelles de tous poils. Pour cela, diverses actions et outils sont mis à votre disposition : caméras de surveillance, passe-partout universel et même une drogue qui supprime le besoin de sommeil. Le gouvernement – qui ne commet jamais de faute, cela va sans dire – émet régulièrement des directives visant à interdire la possession de certains objets ou l'accomplissement de certaines actions. Il est par exemple illégal de posséder une arme chez soi ou d'imprimer des tracts anti-gouvernement. Et si le titre se veut foncièrement sombre sous tous ses aspects, certaines de ces directives peuvent décrocher un sourire, comme l'interdiction de consommer du poisson ou une pomme. Il faut donc régulièrement fouiller chaque recoin du bâtiment pour trouver les objets interdits et espionner ses voisins pour détecter les actions illicites. À cela viennent s'ajouter des objets et actions autorisés mais qui peuvent attirer l'attention du gouvernement.

Après avoir espionné un voisin, plusieurs options sont possibles : ne rien faire, rédiger un rapport, établir un profil ou faire chanter la personne. Rédiger un rapport consiste à dénoncer la violation d'une directive. Pour ce faire il faut apporter la preuve (l'objet illicite trouvé dans l'appartement ou l'action interdite perpétrée par la personne ciblée). Pour que le rapport soit accepté par le Ministère de l'Ordre, toutes les informations doivent être rigoureusement justes. A savoir le nom de la personne, son numéro d'appartement, la directive violée, la date d'émission de ladite directive et enfin la preuve. Si le rapport est accepté, une patrouille de police vient cueillir le malheureux qu'on ne reverra plus jamais et vous recevez une récompense. Dans le cas contraire, une simple amende de 100$ (ce qui est peu) vous est immédiatement adressée. Il faut toutefois noter que certains personnages ne peuvent être embarqués (sous protection du gouvernement).

Établir un profil fonctionne à peu près de la même manière mais ici il ne s'agit pas de dénoncer une violation de la loi mais bien d'envoyer une fiche au Ministère. C'est ici que les objets et actions légaux mais qui sortent de l'ordinaire sont signalés au Ministère. Enfin, la dernière option est la plus lucrative : rédiger une lettre de chantage. Au lieu d'informer le Ministère, on peut simplement prévenir le voisin qu'on l'a surpris en train de violer la loi et réclamer une somme contre le silence. Ce système est intéressant mais malheureusement sans grande logique. Ainsi, les personnages protégés par le gouvernement (un général propagandiste par exemple) cèdent bêtement au chantage alors qu'ils ne peuvent pas être arrêtés. Et il est aussi possible de piéger la même personne plusieurs fois de suite avec le même objet illégal. On aurait apprécié que les locataires soient plus méfiants et plus intelligents.

Certaines transgressions vous sont autorisées, tant que ça sert le gouvernement

Beholder : incarnez l'oeil de Big Brother

La liberté c'est l'esclavage

Beholder : incarnez l'oeil de Big Brother
Pratique le vote automatique...

En parlant de piège, le jeu devient génial à partir du moment où ça ne s'arrête pas là. Car non seulement on peut décider du sort des locataires en les dénonçant ou en les protégeant, mais on peut aussi voler des objets, en placer dans n'importe quel appartement ou les vendre au marché noir. Ainsi il est tout à fait possible de placer une preuve chez un voisin qu'on n'aime pas ou au contraire héberger le pire criminel du pays sans qu'aucune preuve ne vienne jamais l'accabler. À ce niveau, on est libre comme l'air. Cependant, le jeu ne se limite pas qu'à ça. Chaque personnage a sa propre personnalité et tous ont des besoins différents. Ils proposent régulièrement des missions, qu'on peut accepter ou refuser la plupart du temps. Il s'agit par exemple de se procurer un objet, faire en sorte que le protagoniste quitte le pays, etc. Certains personnages sont ouvertement en faveur du gouvernement, tandis que d'autres s'y opposent ou sont neutres.

Le marché noir fournit entre autres des objets illégaux

Beholder : incarnez l'oeil de Big Brother

A cela viennent s'ajouter les besoins de votre famille, qui se traduisent presque toujours sous forme d'argent à dépenser. Mais en plus des dollars, Carl a une autre "monnaie" : sa réputation. Malheureusement celle-ci n'influence en rien les actions et discours des autres personnages. Il s'agit réellement d'une monnaie utilisable durant certains dialogues. Dommage. A ce propos, une autre déception du même genre est liée à la fouille d'un appartement. Si un locataire vous surprend en train de fouiner dans son logis, il vous ordonnera de sortir au plus vite et... c'est tout. Il y a bien une infobulle qui apparaît au-dessus de lui et qui a l'air de montrer une baisse d'estime envers vous mais ça n'a finalement aucune répercussion. Pire, on peut se faire griller plusieurs fois par le même locataire sans répercussion.

Certains événements particuliers arrivent au cours du jeu : des locataires spéciaux emménagent chez vous, une bombe est cachée quelque part dans l'immeuble, votre fille tombe malade, etc. Il faudra gérer au mieux tous ces aléas et comme toujours des choix moraux extrêmement complexes se dresseront sur votre chemin. Pour payer les médicaments hors de prix de votre fille dans la limite du temps imparti, le plus simple et le plus viable est de fabriquer des preuves contre des voisins pour toucher la récompense liée à leur expulsion. Notamment un voisin qui a sauvé les études de votre fils en vous offrant des livres d'économie ou le médecin qui prescrit les médicaments dont vous avez besoin... Quasiment chaque action du jeu questionne votre sens moral.

Vous verrez très souvent ce fourgon de la police devant votre immeuble...

Beholder : incarnez l'oeil de Big Brother

L'ignorance c'est la force

Il serait facile d'être une sombre crapule qui balance tout le monde. Mais ce n'est pas si simple. Car au Ministère de l'Ordre s'ajoute aussi un groupuscule rebelle, qui s'insinue sans que vous le demandiez dans votre vie. Tout comme le Ministère, il vous donnera des missions, vous demandera de loger des locataires en fermant les yeux sur leurs activités et vous poussera même au meurtre. À vous de voir si vous préférez rester dans les rangs ou si voulez embrasser la liberté. Vos choix ont des conséquences. Et si dans l'ensemble le tout est cohérent, on peut parfois regretter une logique aléatoire. On peut comprendre qu'il vaut mieux éviter d'énerver un militaire ou un type de 21 ans qui planque des armes partout. Par contre on déplore le fait qu'une bibliothécaire de 65 ans vous tue d'un coup de poing juste parce que vous lui avouez avoir détruit des livres par le passé...

Méfiez-vous de tout et de tout le monde, vous pourriez rapidement finir au cimetière

Beholder : incarnez l'oeil de Big Brother
Beholder : incarnez l'oeil de Big Brother
Un petit chantage de temps en temps, pour arrondier ses fins de mois

Un autre point dommageable est le fait que le jeu est scripté. Bien sûr on a le droit de jouer à peu près librement (rien ne vous empêche de passer votre temps à tout fouiller en faisant fi de certaines missions). Mais les mêmes locataires arrivent dans le même ordre. Les mêmes personnages importants sont présents à chaque partie, avec les mêmes besoins et les mêmes événements surviennent inlassablement. On aurait préféré une plus grande variété, sachant qu'une partie dure 3-4 heures maximum. Cependant, de par les nombreux choix possibles, plusieurs issues radicalement différentes sont jouables. Et même si le tout est prévisible, le scénario se veut extrêmement dur et il est préférable de ne pas s'attacher aux personnages car ils ne font souvent pas long feu.

Du côté des graphismes, c'est très simple, très épuré mais très joli. L'ambiance morose et oppressante du régime totalitaire est très bien retranscrite. Même si on verse dans le cliché absolu (il pleut tout le temps et il fait toujours sombre), on y croit vraiment. La particularité du titre tient dans le design des personnages : totalement noirs et blancs. Seul le contraste entre ces deux couleurs donne des formes et une apparence singulière à chaque personnage. Le soft joue volontairement sur l'obscurité et la pleine lumière. Car le seul moyen de constater une action illicite est de la voir (soit via une caméra placée dans un détecteur à incendie soit en scrutant l'intérieur de l'appartement par le trou de la serrure).

Le son renforce encore l'ambiance glauque du titre. La musique se veut discrète (hormis celle jouée en présence de policiers) et ça fonctionne très bien. Triste et lente, elle décrit à elle seule l'état d'esprit des pensionnaires de votre immeuble. A côté de ça la surabondance de bruitages donne un côté bizarrement enjoué et vivant au titre. Cependant, aucun dialogue n'est audible (hormis de vagues bruits incompréhensibles à la Sims), comme si les humains ne pouvaient ou ne voulaient plus s'exprimer.

La guerre... la guerre ne meurt jamais...

Beholder : incarnez l'oeil de Big Brother
Les notes
+ Points positifs
  • Une ambiance remarquable, appuyée par une direction artistique réussie et une bande son glauque
  • Un système de choix moraux compliqués
  • Une bonne rejouabilité vu les nombreux choix et fins possibles
  • Un gameplay simple et efficace sans tomber dans la répétitivité
  • Un jeu de gestion original et innovant
- Points négatifs
  • Un scénario trop scripté, une certaine part d'aléatoire au niveau des locataires aurait été bienvenu
  • Des morts et événements tragiques parfois trop aléatoires, sans véritable contrôle dessus
  • Les PNJ manquent souvent d'intelligence
  • Les dialogues pas toujours bien traduits

Beholder est un OVNI dans le paysage vidéoludique. Typiquement le genre de jeu indépendant qu'on découvre au hasard mais auquel on accroche tout de suite. Avec ses petits défauts et ses grandes qualités, le jeu a tout pour vous tenir scotché des heures durant. Si le gameplay paraît répétitif, il n'en est rien. Les missions s'enchaînent, les choix deviennent de plus en plus difficiles. Seule votre morale peut vous guider, mais sachez qu'il faudra faire face aux conséquences à un moment ou un autre. Le jeu vaut largement son prix et il serait dommage de passer à côté.

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04 juin 2017 à 15:30:01
17/ 20
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Mis à jour le 29/05/2017
PC Mac Aventure Stratégie Simulation Espionnage
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